La chirurgie orthopédique connaît aujourd’hui une véritable (r)évolution grâce à la robotique. Loin de remplacer le chirurgien, ces technologies offrent un niveau de précision et de contrôle inédit, permettant d’améliorer les résultats per et post-opératoires.
La chirurgie robotique : de l’ultra-précision
La chirurgie robotique consiste à affiner les gestes du chirurgien grâce à des robots collaboratifs capables de mesurer, planifier et ajuster chaque geste avec une précision infime. Dans certaines technologies, une planification digitale permet de reconstruire en 3D l’anatomie du patient avant l’intervention, pour anticiper les contraintes chirurgicales et de simuler le résultat final.
Les systèmes robotiques utilisés aujourd’hui en chirurgie orthopédique illustrent cette évolution. Des plateformes comme le Mako distribué par Stryker, par exemple, permettent de planifier et d’exécuter la pose d’implants de hanche ou de genou avec une assistance robotisée guidant le geste du chirurgien tout en conservant son contrôle total sur l’intervention.
Focus sur la planification digitale et l’assistance robotique
La planification digitale est un élément central de la chirurgie robotique. Les logiciels associés aux robots permettent de reproduire l’anatomie du patient, de définir l’emplacement exact des implants ou prothèses, et de simuler le geste chirurgical pour réduire les risques. L’exécution robotisée suit cette planification, accompagnant le chirurgien avec précision tout au long de l’intervention.
La robotique accompagne progressivement la transformation de la chirurgie orthopédique. Longtemps considérée comme une technologie expérimentale, elle devient aujourd’hui un outil capable d’augmenter la précision du geste chirurgical et d’optimiser la planification des interventions. Cette évolution s’inscrit dans une transformation plus large de la médecine : l’essor de la chirurgie personnalisée et guidée par les données.
L’innovation européenne en pleine accélération
Des sociétés comme Amplitude Surgical, avec son robot Andy développé en collaboration avec eCential Robotics, développent des solutions dédiées à l’arthroplastie du genou intégrant navigation et assistance robotisée afin d’optimiser les coupes osseuses et l’équilibrage ligamentaire.
Dans le même esprit, la plateforme ROSA développée par Zimmer Biomet illustre l’évolution des systèmes robotiques vers des environnements chirurgicaux toujours plus intégrés, capables de combiner planification préopératoire, navigation et assistance intra-opératoire.

La dynamique européenne se manifeste également à travers de nouvelles entreprises technologiques. La société française Ganymed Robotics, par exemple, développe des robots co-manipulés intégrant vision par ordinateur et intelligence artificielle afin d’assister le chirurgien dans certaines étapes clés de l’arthroplastie du genou.
Des avantages considérables pour le patient et son praticien
Les bénéfices pour les patients sont concrets : réduction des marges d’erreur, diminution des complications post‑opératoires, meilleure conservation des tissus et retour plus rapide à la mobilité. Pour les chirurgiens, ces technologies signifient une planification plus fiable, une intervention mieux guidée et une réduction de la fatigue physique sur des procédures longues ou complexes.
La formation : un enjeu clé pour l’adoption de la robotique

Si la robotique ouvre des perspectives prometteuses, elle implique également une évolution des pratiques chirurgicales et des parcours de formation.
Les chirurgiens doivent non seulement maîtriser le geste opératoire traditionnel, mais aussi appréhender les systèmes de planification numérique, les interfaces robotiques et les stratégies d’alignement personnalisées.
C’est pourquoi Depuy Synthes a notamment choisi Skylab, en France, pour réaliser la formation des chirurgiens à l’utilisation du Velys : assistance à la pose de prothèse unicompartimentale et totale du genou.
Les chirurgiens peuvent alors découvrir la technologie, explorer son logiciel de planification préopératoire et perfectionner leur geste chirurgical assisté du Robot dans un environnement pédagogique proche des conditions réelles de chirurgie.
D’autres spécialités médicales voient également leurs pratiques évoluer. Notamment depuis l’apparition du télémanipulateur Da Vinci pour les opérations mini-invasives digestives, ou d’autres solutions à destination des urologues, des gynécologues, des oncologues, etc.


